La mobilité représente un enjeu majeur pour les personnes retraitées qui souhaitent conserver leur autonomie et maintenir une vie sociale active. En France, près de 15 millions de citoyens se trouvent en situation de « précarité mobilité », confrontés à la dépendance automobile et aux coûts croissants du carburant. Pour les seniors, cette problématique prend une dimension particulière lorsque la conduite devient difficile ou impossible en raison de l’âge ou de limitations physiques. Heureusement, l’évolution des services de transport collectifs et individuels, combinée aux innovations technologiques et aux politiques publiques favorables, offre aujourd’hui un éventail de solutions concrètes pour se déplacer sans voiture personnelle. Ces alternatives permettent non seulement de préserver l’indépendance des retraités, mais aussi de réduire l’isolement social qui touche trop souvent cette population.
Les solutions de transports en commun adaptées aux seniors : tarification et accessibilité
Les réseaux de transport public constituent la première alternative naturelle à la voiture individuelle pour les personnes retraitées. Ces dernières années, les collectivités territoriales ont considérablement amélioré l’accessibilité et l’attractivité de leurs offres destinées aux seniors. L’investissement dans des infrastructures adaptées et la mise en place de tarifications préférentielles témoignent d’une prise de conscience collective de l’importance de la mobilité pour le bien-vieillir.
Les métropoles comme Paris, Lyon, Marseille ou Lille ont développé des réseaux denses avec des fréquences élevées qui facilitent grandement les déplacements quotidiens. Contrairement aux idées reçues, ces transports ne servent pas uniquement aux actifs : selon l’Observatoire de la Mobilité en Île-de-France, 23% des déplacements en transports en commun sont effectués par des personnes de plus de 60 ans. Ce chiffre témoigne de l’appropriation progressive de ces modes de déplacement par les retraités.
Cartes de transport senior : pass navigo améthyste, carte rubis et tarifs réduits SNCF
Les dispositifs tarifaires préférentiels représentent un levier essentiel pour encourager l’utilisation des transports publics par les seniors. En Île-de-France, le Pass Navigo Améthyste offre une gratuité totale ou partielle selon les ressources du bénéficiaire. Ce forfait annuel permet de circuler librement sur l’ensemble du réseau francilien, incluant métro, RER, bus et tramway. Pour en bénéficier, vous devez être âgé d’au moins 65 ans (ou 60 ans si vous êtes reconnu inapte au travail) et respecter des plafonds de ressources définis annuellement.
À Lyon, la Carte Rubis proposée par le réseau TCL garantit des tarifs avantageux aux personnes de plus de 65 ans. Cette carte nominative permet d’accéder à des abonnements mensuels ou annuels à prix réduit, parfois jusqu’à 50% de réduction par rapport aux tarifs standards. D’autres agglomérations comme Bordeaux, Toulouse ou Nantes ont développé leurs propres systèmes de cartes seniors, chacune adaptée aux spécificités du territoire.
Pour les déplacements interurbains, la SNCF propose la Carte Avantage Senior, accessible dès 60 ans pour 49 euros par an. Elle garantit 30% de réduction minimum sur tous les trajets en TGV et trains Intercités, avec la possibilité d’obtenir jusqu’à 60% de réduction sur certains créneaux horaires. Cette carte s
se révèle particulièrement intéressante pour les retraités qui souhaitent continuer à voyager sans voiture tout en maîtrisant leur budget. Elle offre aussi des garanties de plafonnement des prix sur certains trajets, ce qui permet de planifier sereinement des visites familiales ou des séjours de vacances. N’hésitez pas à demander de l’aide lors de l’achat en ligne ou en gare : les agents SNCF sont formés pour accompagner les personnes âgées dans ces démarches et vérifier la solution la plus avantageuse.
Accessibilité PMR dans les réseaux urbains : ascenseurs, rampes et véhicules à plancher bas
Au-delà du prix, l’accessibilité physique des transports conditionne directement la mobilité des retraités. La plupart des grandes agglomérations ont engagé d’importants travaux pour adapter leurs réseaux aux personnes à mobilité réduite (PMR) et aux seniors. Concrètement, cela se traduit par des stations équipées d’ascenseurs, de rampes d’accès et de cheminements podotactiles pour les personnes malvoyantes. Ces aménagements rendent les déplacements plus sûrs, notamment lorsque l’on se déplace avec une canne, un déambulateur ou un petit chariot à roulettes.
Les bus récents sont désormais presque tous à plancher bas, avec une rampe rétractable permettant d’embarquer en fauteuil roulant ou avec un rollator. Les conducteurs sont sensibilisés à la prise en charge des publics fragiles et prennent le temps de laisser les usagers s’installer. Dans le métro et les tramways, des annonces sonores et visuelles aident à bien repérer les arrêts, un point précieux quand l’ouïe ou la vue déclinent. Vous pouvez également repérer à l’avance les stations les plus accessibles sur les sites des réseaux (RATP, TCL, RTM, etc.), qui détaillent les équipements disponibles station par station.
En pratique, adopter une “stratégie d’accessibilité” permet de gagner en confort : choisir une ligne de tram plutôt qu’un bus bondé, privilégier une station avec ascenseur plutôt qu’un escalier raide, ou encore partir dix minutes plus tôt pour monter dans un véhicule moins rempli. Comme pour l’aménagement de votre logement, quelques ajustements dans vos habitudes de déplacements suffisent souvent à transformer l’expérience de la mobilité sans voiture en un moment moins stressant et plus agréable.
Transport à la demande (TAD) en zone rurale : Résa’Tao, proxim’iti et services communautaires
En dehors des grandes villes, les retraités se demandent souvent : comment rester mobile sans voiture quand l’offre de bus est limitée ? C’est là que le transport à la demande (TAD) prend tout son sens. Ce service, mis en place par de nombreuses communautés de communes, fonctionne sur réservation. Un minibus ou un véhicule léger vient vous chercher à un arrêt de proximité, parfois même devant chez vous, et vous emmène vers un bourg centre, une gare ou un pôle de services (médecins, marché, centre commercial).
Des dispositifs comme Résa’TaO à Orléans, Proxim’iti dans certaines intercommunalités ou d’autres services au nom local (TAD, AlloBus, Résa’Bus, etc.) permettent ainsi de remplacer efficacement une voiture personnelle pour les trajets essentiels. Les horaires sont souvent adaptés aux marchés hebdomadaires, aux permanences médicales ou aux horaires de train, ce qui facilite l’organisation de la semaine. Les tarifs restent généralement très abordables, proches du billet de bus classique, avec des réductions pour les plus de 60 ou 65 ans.
La principale contrainte est de penser à réserver à l’avance, en général la veille ou quelques heures avant le départ. Cela demande un peu de planification, mais vous y gagnez en sécurité et en confort. N’hésitez pas à solliciter la mairie, le centre communal d’action sociale (CCAS) ou votre conseil départemental pour connaître les services existants : beaucoup de retraités ignorent qu’un TAD passe déjà dans leur village. Une fois ce réflexe acquis, vous constaterez que vous pouvez largement couvrir vos besoins de déplacements de proximité sans dépendre d’une voiture individuelle.
Applications mobiles dédiées : Île-de-France mobilités, citymapper et planificateurs d’itinéraires accessibles
Les smartphones sont devenus de véritables “couteaux suisses” de la mobilité, y compris pour les seniors. Les applications de transport simplifient la préparation des trajets en indiquant les horaires en temps réel, les correspondances et les perturbations. L’application Île-de-France Mobilités, par exemple, permet de planifier un itinéraire porte-à-porte dans toute la région parisienne, de vérifier si un ascenseur est en panne ou si une ligne de bus est déviée. D’autres applis comme Citymapper ou Moovit proposent des parcours optimisés, en combinant métro, bus, tram, marche et parfois vélo.
Pour un retraité qui n’est pas à l’aise avec le numérique, ces outils peuvent sembler complexes au premier abord. Pourtant, ils deviennent rapidement aussi naturels qu’un annuaire une fois que quelqu’un a pris le temps de montrer les bases : entrer une adresse, choisir l’heure de départ, zoomer sur la carte. De nombreuses mairies, bibliothèques ou caisses de retraite organisent des ateliers d’initiation au numérique, précisément pour aider les aînés à utiliser ces applications de transport. Y participer, c’est un peu comme apprendre à lire un nouveau plan de ville, mais directement depuis sa poche.
Un avantage important de ces planificateurs d’itinéraires est qu’ils indiquent souvent les chemins les plus accessibles : escaliers à éviter, correspondances courtes, temps de marche réduit. Ils permettent ainsi d’anticiper les difficultés plutôt que de les subir une fois sur place. En combinant ces outils avec les cartes de transport senior et le TAD, vous disposez d’un véritable “système de mobilité sans voiture” taillé sur mesure pour votre retraite.
La mobilité partagée pour retraités : covoiturage, autopartage et vélos en libre-service
Au-delà des transports collectifs traditionnels, la mobilité partagée offre de nouvelles perspectives aux retraités qui ne possèdent plus de voiture. Covoiturage, autopartage, vélos et trottinettes en libre-service : toutes ces solutions permettent de bénéficier d’un véhicule uniquement quand on en a besoin. Pour un senior, c’est un peu comme emprunter un livre à la médiathèque plutôt que de l’acheter : on profite du service sans supporter le coût complet de la possession (assurance, entretien, carburant).
Ces dispositifs, longtemps perçus comme réservés aux actifs urbains, s’ouvrent progressivement aux publics plus âgés. Les plateformes intègrent des options de sécurité renforcée, des systèmes de notation et des supports téléphoniques qui rassurent les utilisateurs. Pour les retraités, c’est une manière de rester mobile, mais aussi de créer du lien intergénérationnel, en partageant parfois le trajet avec des étudiants ou des jeunes actifs. La clé consiste à bien choisir les services les plus adaptés à votre zone de résidence et à vos habitudes de déplacement.
Plateformes de covoiturage intergénérationnel : BlaBlaCar daily, klaxit et rezo pouce
Le covoiturage ne se limite plus aux longs trajets de vacances. Des applications comme BlaBlaCar Daily ou Klaxit développent des offres pour les déplacements du quotidien, notamment vers les zones d’activités et les centres-villes. Pour un retraité, cela peut être une solution ponctuelle pour se rendre à un rendez-vous médical, à une activité associative ou à un centre commercial en périphérie. Vous partagez les frais de carburant avec le conducteur, ce qui rend le trajet très économique, tout en réduisant le nombre de voitures sur la route.
En zone rurale ou périurbaine, Rezo Pouce propose une forme de covoiturage “à mi-chemin” entre l’auto-stop traditionnel et le service organisé. Des arrêts officiels sont installés dans les villages, et les conducteurs inscrits au dispositif s’arrêtent lorsqu’ils voient une personne attendre. Les utilisateurs sont enregistrés, ce qui renforce la sécurité et la confiance. Pour un senior, c’est un moyen de retrouver l’esprit d’entraide d’autrefois, mais avec un cadre plus sécurisant et encadré par la collectivité.
Si l’usage d’une application vous inquiète, il est possible de se faire accompagner au démarrage par un proche ou par une association locale. Comme lorsqu’on apprend un nouveau jeu de société, quelques essais suffisent souvent à comprendre les règles et à prendre plaisir au fonctionnement. À terme, le covoiturage peut devenir un complément précieux aux transports en commun, en particulier pour les trajets peu desservis.
Services d’autopartage urbain : communauto, citiz et solutions mobility en zone péri-urbaine
L’autopartage met à disposition des voitures en libre-service, réservables à l’heure ou à la journée. Des opérateurs comme Communauto, Citiz ou des services municipaux de type “Mobility” proposent des véhicules répartis dans les quartiers, accessibles avec une carte ou un smartphone. Pour un retraité qui a arrêté de posséder une voiture, mais souhaite garder la possibilité de conduire ponctuellement, l’autopartage est une alternative très souple. Vous ne payez que lorsque vous utilisez le véhicule, sans vous soucier de l’assurance ni de l’entretien.
Cette solution se prête bien aux besoins occasionnels : un déménagement léger, une visite familiale en périphérie, une journée à la campagne. Les flottes incluent de plus en plus de boîtes automatiques et parfois des modèles compacts faciles à manier, ce qui est rassurant quand on conduit moins souvent. Les stations sont généralement situées près des gares, des arrêts de tram ou des centres-villes, ce qui facilite l’intermodalité (par exemple : bus + autopartage pour le dernier kilomètre).
Avant de s’inscrire, il est utile de vérifier quelques points : proximité des stations, existence d’une offre “senior” ou de tarifs réduits, possibilité de réserver par téléphone si l’on n’est pas à l’aise avec internet. Certaines structures d’autopartage coopératif organisent même des réunions d’information pour présenter le service aux retraités. En pratique, beaucoup de nouveaux utilisateurs découvrent qu’ils peuvent couvrir 100% de leurs besoins de voiture avec seulement quelques heures d’autopartage par mois, pour un budget bien inférieur à celui d’une voiture personnelle.
Systèmes de vélos et vélos électriques partagés : vélib’, V’Lille et adaptations pour seniors
Le vélo en libre-service s’est imposé dans de nombreuses villes françaises avec des systèmes comme Vélib’ à Paris, V’Lille à Lille, ou leurs équivalents à Lyon, Strasbourg ou Bordeaux. Longtemps considérés comme un mode de transport sportif, ces vélos ont évolué avec l’arrivée massive des vélos à assistance électrique (VAE). Pour un retraité, le VAE change la donne : il permet de parcourir des distances plus longues sans s’épuiser, de gravir des côtes en douceur et de garder une activité physique douce, bénéfique pour la santé cardiovasculaire.
Certains seniors redoutent néanmoins l’équilibre ou la circulation dense. Des dispositifs d’initiation à la conduite de vélo en ville, organisés par les associations de cyclistes ou les mairies, permettent de reprendre confiance. Il existe aussi des vélos adaptés : tricycles pour plus de stabilité, vélos à cadre bas pour enfourcher plus facilement, voire vélos cargos avec siège passager pour transporter un petit-fils ou quelques courses. Dans certaines collectivités, ces modèles sont disponibles à la location longue durée à prix réduit, ce qui permet de tester la solution avant d’investir.
Pour les déplacements très courts (aller au marché, chez le médecin du quartier), le vélo peut devenir un allié aussi pratique que la voiture autrefois, tout en évitant les problèmes de stationnement. Comme pour tout changement de mode de transport, l’important est de commencer progressivement, sur des itinéraires simples et agréables, en dehors des heures de pointe. Avec le temps, beaucoup de retraités découvrent qu’ils retrouvent non seulement de la mobilité, mais aussi le plaisir de se déplacer au grand air.
Services de transport personnalisé et accompagnement : VSL, taxis conventionnés et plateformes spécialisées
Pour certains retraités, les transports en commun ou la mobilité partagée ne suffisent pas. Fragilité de santé, fatigue, troubles de l’équilibre ou anxiété rendent nécessaires des solutions de transport plus personnalisées, parfois avec accompagnement. L’objectif reste le même : permettre de se rendre à un rendez-vous médical, chez le coiffeur ou à une activité culturelle, sans dépendre entièrement de ses proches. C’est là qu’interviennent les services de transport spécialisé, souvent pris en charge en partie par l’Assurance maladie ou les caisses de retraite.
On distingue principalement les transports sanitaires (VSL, ambulance, taxis conventionnés) pour les soins, et les services de type VTC ou transport accompagné pour les autres déplacements. Bien utilisés, ces dispositifs permettent de sécuriser les trajets tout en préservant un maximum d’autonomie. Ils constituent un maillon indispensable de la mobilité des seniors sans voiture, en particulier pour les personnes en perte d’autonomie modérée à sévère.
Véhicules sanitaires légers (VSL) et ambulances : prescription médicale et prise en charge CPAM
Les Véhicules Sanitaires Légers (VSL) et les ambulances assurent les transports liés aux soins lorsque l’état de santé le justifie. Sur prescription médicale, ils permettent d’être conduit en position assise ou allongée jusqu’à un hôpital, un centre de dialyse, un cabinet de spécialiste ou un service de rééducation. Contrairement à un taxi classique, ces véhicules sont équipés et conduits par des professionnels formés, capables d’assurer une surveillance minimale et de manipuler une personne fragile en toute sécurité.
La prise en charge financière par l’Assurance maladie (CPAM) varie de 55 % à 100 % selon la situation : affections de longue durée (ALD), hospitalisation, invalidité, accident du travail, etc. Pour en bénéficier, il est indispensable d’obtenir une prescription médicale de transport rédigée par votre médecin et, dans certains cas, un accord préalable de la CPAM. Ce cadre peut sembler administratif, mais il garantit que ces moyens de transport, coûteux à mobiliser, soient réservés aux situations où ils sont réellement nécessaires.
Pour un retraité, le VSL ou l’ambulance sont un peu l’équivalent d’un “ascenseur sanitaire” entre le domicile et les lieux de soins : ils évitent de mobiliser un proche, réduisent le risque de chute et limitent la fatigue. Si vous avez des doutes sur vos droits, n’hésitez pas à interroger votre médecin traitant, votre pharmacien ou un conseiller de votre caisse d’assurance maladie, qui pourront vous orienter vers la solution la plus adaptée.
Taxis conventionnés et bons de transport pour consultations médicales
Les taxis conventionnés constituent une autre solution pour les transports médicaux, notamment lorsque l’état de santé permet un trajet en voiture classique, mais que l’usage des transports en commun est trop difficile. Reconnaissables à leur logo bleu “Taxi conventionné – organisme d’assurance maladie” sur la vitre, ces taxis ont signé un accord avec la Sécurité sociale. Sur présentation d’une prescription médicale et de votre carte Vitale, le chauffeur applique directement les tarifs conventionnés et la CPAM rembourse tout ou partie du trajet.
Ce dispositif est particulièrement utile pour les séances de kinésithérapie, les consultations de spécialistes ou les examens réguliers (radiologie, analyses). Dans certains départements, des bons de transport ou des carnets de prise en charge sont également mis en place par les centres de soins ou les hôpitaux. Ils simplifient les démarches et évitent d’avoir à avancer la totalité des frais, ce qui est précieux pour des retraités au budget serré.
Pour organiser ce type de trajet, parlez-en à votre médecin qui pourra préciser sur l’ordonnance le type de transport le plus adapté. Vous pouvez ensuite contacter un taxi conventionné de votre secteur, souvent recommandé par le cabinet médical lui-même. Là encore, l’objectif est de permettre un accès aux soins sans voiture personnelle, tout en respectant votre confort et vos capacités physiques.
Plateformes de VTC adaptées aux personnes âgées : marcel, allocab senior et services d’accompagnement
Les VTC (voitures de transport avec chauffeur) se sont imposés comme une alternative souple au taxi, notamment en milieu urbain. Certaines plateformes généralistes, comme Marcel, et des offres spécifiques “senior” ou “confort” chez plusieurs opérateurs, proposent des services adaptés aux personnes âgées : véhicules spacieux, conducteurs sensibilisés, temps d’attente à la sortie du rendez-vous, aide pour monter ou descendre du véhicule. Pour un retraité qui ne conduit plus, c’est une solution idéale pour des trajets ponctuels : aller au théâtre, à un déjeuner en famille ou à une cérémonie.
Des sociétés comme Allocab Senior ou des services de VTC développés par des associations locales vont plus loin, en incluant parfois un accompagnement porte-à-porte : le chauffeur vient frapper à votre porte, vous aide avec vos bagages ou votre déambulateur, et vous accompagne jusqu’à la salle d’attente. Les tarifs sont plus élevés qu’un bus ou un TAD, mais le niveau de confort et de personnalisation n’est pas comparable. Certaines mutuelles ou caisses de retraite prévoient d’ailleurs des aides financières pour ces déplacements “de lien social”.
Si l’usage d’une application vous freine, sachez qu’il est souvent possible de réserver par téléphone ou via un proche. L’intérêt de ces plateformes est de connaître à l’avance le prix du trajet, de suivre l’arrivée du véhicule sur une carte et de bénéficier d’un reçu détaillé. En combinant ce type de service avec des transports plus économiques pour les trajets réguliers, vous pouvez construire une mobilité sur mesure, en gardant la voiture individuelle comme un simple souvenir.
Services associatifs de transport bénévole : Croix-Rouge mobilités et réseaux communaux
À côté des solutions commerciales, un tissu très riche d’initiatives associatives contribue à la mobilité des personnes âgées. La Croix-Rouge Mobilités propose, dans de nombreux départements, des services de transport accompagné : des bénévoles conduisent leur propre véhicule ou des véhicules de l’association pour emmener les seniors à leurs rendez-vous, à des activités ou même pour de simples sorties de convivialité. Les frais demandés sont généralement modestes, parfois limités à la participation au carburant.
De nombreuses communes ou intercommunalités mettent aussi en place des réseaux de transport solidaire, souvent coordonnés par le CCAS ou une association locale. Le principe : des bénévoles du village s’inscrivent pour proposer des trajets, et les personnes âgées peuvent réserver quelques jours à l’avance. Au-delà du déplacement lui-même, ces services créent du lien social, rompent l’isolement et permettent des échanges intergénérationnels. C’est une forme de “covoiturage bienveillant” qui s’appuie sur la solidarité de proximité.
Pour en bénéficier, rapprochez-vous de votre mairie, de votre centre social ou de votre antenne Croix-Rouge. Comme souvent, la difficulté n’est pas l’absence de solution, mais le manque d’information. Une fois inscrit, vous découvrirez que ces services peuvent devenir un pilier de votre mobilité sans voiture, en complément des transports publics et des taxis conventionnés.
Micromobilité électrique sécurisée : scooters PMR, tricycles et aides à la mobilité douce
Pour les très courtes distances, autour du domicile ou dans le quartier, la “micromobilité” joue un rôle croissant dans la vie des retraités. On entend par là tous les petits équipements qui facilitent les déplacements : scooters pour personnes à mobilité réduite (PMR), tricycles électriques, fauteuils roulants motorisés, gyropodes adaptés, mais aussi aides à la marche améliorées. Ces dispositifs constituent en quelque sorte une extension de votre rayon d’action piéton, sans avoir besoin de prendre un bus ou un taxi pour chaque petit trajet.
Les scooters PMR sont particulièrement appréciés dans les résidences seniors et les centres-villes bien aménagés. Ils permettent d’aller faire ses courses, de se rendre chez le pharmacien ou de visiter des amis proches en limitant la fatigue et la douleur. Certains modèles se plient et peuvent être transportés dans un coffre de voiture ou dans un VSL, facilitant ainsi les déplacements combinés. L’investissement peut sembler important, mais il existe parfois des aides de la MDPH, des caisses de retraite ou de l’APA pour réduire le coût.
Les tricycles électriques et vélos à trois roues offrent une alternative intéressante pour ceux qui conservent de bonnes capacités motrices mais ont perdu confiance dans l’équilibre. Grâce à l’assistance électrique, l’effort reste modéré, tout en bénéficiant des bienfaits de l’activité physique. C’est un peu comme marcher avec un “coup de pouce” permanent dans les côtes. Là encore, certaines collectivités proposent des locations longues durées subventionnées, qui permettent de tester la solution avant d’acheter.
Enfin, les aides à la mobilité douce, comme les rollators modernes, les cannes ergonomiques ou les chaises de transfert, ne doivent pas être sous-estimées. En sécurisant la marche, elles élargissent le périmètre de déplacements possibles sans moyen motorisé. Combinées à un aménagement urbain adapté (trottoirs lisses, bancs de repos, passages piétons sécurisés), elles contribuent à faire de la marche une vraie alternative à la voiture sur de petites distances, même à un âge avancé.
Aménagement du territoire et urbanisme favorable : pôles multimodaux et circuits de proximité
Aucune solution de mobilité ne peut fonctionner durablement pour les retraités si l’environnement urbain ou rural n’est pas pensé pour eux. L’aménagement du territoire joue donc un rôle central dans la capacité à vivre sans voiture après la retraite. Les collectivités développent progressivement des pôles multimodaux : des lieux où se croisent bus, tram, TER, TAD, covoiturage et parfois vélos en libre-service. Pour un senior, ces pôles sont comparables à des “gares de village” modernisées, où l’on peut facilement changer de mode de transport sans se perdre.
Autour de ces pôles se structurent des circuits de proximité : navettes vers les quartiers résidentiels, boucles desservant les marchés, les maisons de santé, les mairies annexes ou les centres culturels. L’idée est simple : rapprocher les services du quotidien des habitants pour limiter les besoins de déplacements longs et complexes. Dans les petites villes comme dans certaines campagnes, la relocalisation des commerces de base (boulangerie, épicerie, pharmacie) participe aussi à cette logique de mobilité de proximité.
Pour les retraités, il devient alors possible d’organiser sa vie autour de quelques lieux bien desservis, accessibles à pied, en TAD ou via un transport solidaire. L’autonomie ne repose plus sur la possession d’une voiture, mais sur la qualité du maillage de services et de transports autour du domicile. Cette approche demande du temps et des investissements publics, mais elle va clairement dans le sens du “bien-vieillir chez soi” promu par les politiques publiques.
En tant que citoyen, vous pouvez aussi jouer un rôle en participant aux concertations locales, en échangeant avec vos élus ou en rejoignant des associations d’usagers. Qui mieux que vous peut expliquer ce qu’implique, concrètement, la mobilité à la retraite sans voiture ? Vos retours d’expérience contribuent à dessiner des villes et des villages plus accessibles, où chacun, quel que soit son âge, peut continuer à se déplacer, rencontrer les autres et rester acteur de sa propre vie.